Retour sur l’atelier collaboratif #2


Le digital au service du « mieux travailler ensemble »

Ce deuxième atelier organisé par G.nesis le 12 avril fût riche et animé. Les huit participants ont pu débattre et exposer les difficultés qu’ils rencontrent dans la mise en place, le fonctionnement du digital au sein de l’entreprise.

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Les réflexions des participants

 

Le digital au service de la stratégie et non l’inverse

Les échanges ont permis de mettre en exergue le fait que le digital n’est qu’une loupe sur nos manques de décisions. En ne choisissant pas et en remettant tout dans l’outil, nous n’agissons pas dans le sens de l’entreprise.

L’informatique doit rester au service de la stratégie et non l’inverse. Il faut être exigeant. Cette mise en place se fait “avec l’argent des clients et doit donc servir aux clients”.

La formation comme voie d’appropriation

Si le collaborateur est accompagné dans l’utilisation du digital, l’appropriation est bien supérieure. Il a le temps de cheminer, de comprendre, de s’habituer aux outils.

Lorsqu’un nouveau collaborateur entre dans l’entreprise, il est nécessaire d’expliquer à nouveau les choix qui ont été faits et leur finalité. La personne informée est alors plus apte à comprendre et à s’approprier les outils.

Les 8 conseils des dirigeants de PME

Réunion d'étude stratégique approfondieEn confrontant les éléments recueillis lors de l’atelier à de la théorie, nous avons pu ériger quelques lois.

Simples indications, elles ont pour objectifs de donner notre vision sur la manière de travailler ensemble ainsi que sur l’intégration du digital.

 

1. Faisons simple.

La simplicité est complexe mais efficace.

Faire simple nécessite de prendre de la hauteur, de structurer sa réflexion et de ne pas perdre de vue l’essentiel. Les outils doivent-être au service des hommes et des process et non l’inverse.

Exemple atelier :

Afin de simplifier les procédures et la relation client une entreprise a mis en place un logiciel permettant d’harmoniser la chaine de production avec la prise de commande de produits personnalisés. En choisissant des solutions, des supports non “prédictifs” c’est à dire qui peuvent s’adapter à n’importe quelle situation, vous vous assurez que le client a un produit à son image tout en ayant une gestion interne fluide.

Cette simplicité et cette modularité sont les garants de la pérennité de votre système.

 


2. Recentrons nous sur le trésor de notre entreprise

Recherchons où va être notre valeur demain ?

Soyons pertinent dans nos investissements et nos engagements, sachons reconnaître nos trésors et valorisons les : nos utilisateurs finaux, nos réseaux, nos savoir-faires, notre notoriété…

La bonne question est : Comment le digital peut-il nous permettre de
valoriser notre trésor ?

Ne faisons pas comme Accor qui a pensé que ses hôtels étaient sa valeur. Booking a compris que sa valeur était dans ses clients.

Exemple atelier :

Duodisplay a tout un réseau de clients qui n’a pas forcément le temps (ou l’envie) de monter ses stands.

Étant présents sur de nombreux salons, l’idée qu’une seule équipe technique se déplace pour monter plusieurs stands paraît économique et écologique.

En digitalisant cette solution, cela pourrait devenir le « blablacar » du stand d’exposition.

Duodisplay a compris que sa valeur ne résidait pas dans la vente de ses stands mais bien dans son réseau de clients.


3. Incluons le libre arbitre dans nos stratégies.

N’imposons pas à nos collaborateurs faisons les choisir. Ils s’impliqueront.

En mettant les employés en posture d’acteur au moment de la prise de décision vous vous assurez que s’ils acceptent, ils feront tout pour que cela réussisse. Car ils se sont engagés personnellement dedans.

Exemple atelier :

Certaine entreprise laisse le choix à leurs clients de personnaliser leurs produits. Faire de même avec ses collaborateurs peut permettre d’avancer en matière de digital.


4. Faisons confiance: La confiance est inversement proportionnelle au contrôle.

Bousculons notre management, trouvons le juste équilibre.

« Plus nous tentons de tout organiser en donnant des ordres, plus nous rencontrons des résistances (et tout
spécifiquement de la génération Y) ».

Il est nécessaire d’expliquer pourquoi nous faisons cela ? Pour aller dans quelle direction ?

Si nous sommes parvenu à cette conclusion, il y a de fortes chances que notre interlocuteur aussi. Si ce n’est pas le cas il nous proposera une solution alternative.

Exemple atelier :

Attention, faire confiance au delà du raisonnable et lâcher un collaborateur pas préparé dans le grand bain peut avoir des conséquences néfastes pour lui et pour l’entreprise.

La structuration des relations humaines est indispensable : lisibilité des processus, clarté des missions et des rôles, règles de vie en équipe….


5. Soyons à l’écoute.

Parfois les solutions viennent d’endroits insoupçonnés (clients, collaborateurs, partenaires…).

En étant à l’écoute du tourneur fraiseur ou de ses distributeurs nous nous apercevons que des petites améliorations peuvent faire gagner du temps, de l’argent et de la satisfaction client.

Exemple atelier :

Nombre de dirigeants sont des philanthropes. Vivre ensemble, travailler pour le bien commun représententpour eux une philosophie de vie.

Appliquée à l’entreprise, ils ont la foi en l’opinion et les idées de leurs collaborateurs, partenaires… ils s’efforcent de ne pas juger, simplement accueillir, écouter et donner du crédit.

Cette posture est aussi un premier pas vers une organisation plus collaborative et participative. Cela encourage la transversalité, la reconnaissance tout en laissant derrière le souvenir des entreprises pyramidales / fordistes.


6. Encourageons les idées.

La reconnaissance est un des principaux levier du management, il est rarement optimisé dans les entreprises. Soyons généreux, les transitions qu’elles soient numériques ou autres nécessitent des forces vives !

Offrons nous du temps pour faire de la veille, écouter les idées des collaborateurs, expérimenter…

Exemple atelier :

Quelques dirigeants présents à l’atelier ont déjà travaillé avec Georges, ils savent à quel point le temps et le recul d’une personne extérieure sont essentiels pour “sortir la tête du guidon”. Cela permet de prendre de la hauteur et de prendre conscience des avancements.

C’est un exercice essentiel afin d’être reconnaissant pour le travail accompli par ses collaborateurs mais aussi et surtout pour soi-même.


7. Plantons-nous en beauté.

Donnons le droit à l’erreur et libérons les énergies de nos collaborateurs.

Admettons nos erreurs publiquement. Cela montre notre côté humain et contribue à développer la culture de l’échec et favorise la prise d’initiative dans l’entreprise.

Exemple atelier :

Un dirigeant raconte son expérience dans un grand groupe. Le pilotage de la mise en oeuvre d’un système informatique destiné à améliorer la productivité de l’entreprise s’est avéré être un échec social malgré les
nombreuses précautions.

Cette expérience demande une très grande clairvoyance pour repérer les problèmes dans un projet où vous avez mis tout votre temps, votre argent et vos meilleurs éléments.

Cette histoire nous fait prendre conscience de l’importance de la conduite du changement dans un projet de transition numérique.

Elle est aussi un magnifique exemple de la valeur de l’échec. Tout le monde dans la salle a salué l’honnêteté et le courage du dirigeant face à cette situation.


8. Soyons curieux, sortons de notre zone de confort, soyons ouverts, accueillons l’inconnu.

Levons nos propres freins et accueillons ce que l’on ne comprend pas.

Le monde change de plus en plus vite, les relations interpersonnelles,
le management…

Si nous voulons construire dans ce nouveau monde il faut accepter dans un premier temps de déconstruire pour poser des bases saines. Ce qui inclut la remise en question des bases de la hiérarchie, de la transparence, du communautarisme.

Exemple atelier :

Pool Technologie reflète cette audace et cette ouverture. Des modifications structurelles sont en cours afin de mettre en place le
digital. Chaque jour est un engagement dans l’évolution de la nature des relations humaines au sein de l’entreprise, quitte à créer des turbulences.

 

Télécharger la version complète du compte rendu de l’atelier collaboratif « le digital au service du « mieux travailler ensemble » »

 

Bibliographie

  • « Que ferait Google à votre place ? », Jeff Jarvis
  • « Faut-il avoir peur du numérique », Nicolas Colin – Laetitia Vitaud
  • « Manager par l’approche systemique », Dominique Bériot
  • « Introduction à la pensée complexe », Edgard Morin